• Envol

     

    Les 8 mots : Bougie, fondre, lumière, vitre, flou, sombre, chercher, dire.

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    L'atelier N°148 de Ghislaine

     

    ***

    ENVOL

     

    Dans la petite maison, toute la famille est rassemblée autour de  la grande table en bois de chêne fabriquée par  Le Père.

    En vérité, il s’appelle Antoine mais chacun  parle de lui en disant « Le Père », comme on dit « La Mère » en parlant de Caroline.

    Il y a donc là Le père, La Mère et les 5 enfants.  Trois garçons et deux filles. Arthur, 12 ans, l’aîné, suivi de Blandine 11 ans, Charles 9 ans, Déborah 8 ans et enfin Édouard, le benjamin de la couvée tout juste âgé de 6 ans. Ils attendent religieusement, que Le  Père prenne la parole. Ils savent bien que s’ils ont le droit d’être encore debout à cette heure tardive, c’est parce qu’il a des choses importantes à leur dire, forcément !

    Tandis que les deux parents trônent sur une chaise paillée à haut dossier, chacun à un bout de la table, les enfants eux, sont  répartis sur les deux bancs de chaque côté.

    Au milieu de la table,  la grosse bougie qui diffuse une falote lumière, fond doucement. Dans la cheminée La Mère a rajouté une bûche.

    « Le feu réchauffe, mais il éclaire aussi ! » Pense l’aîné en se frottant les mains « Et  c’est bien parce que lorsque le soir tombe, il fait vite froid et sombre chez nous ! »

    « Oui, ça doit être vraiment important ce qu’il a à nous annoncer papa ! » Se demande intrigué le garçon déjà très grand pour son âge.  

    Il ne se permet que dans sa tête  d’appeler  ainsi l’homme bourru et habituellement peu disert, qui pour l’heure, caresse pensivement sa courte barbe, comme s’il cherchait ses mots.

    «  Oui, vraiment important et même grave peut-être pour que maman n’ait pas pensé à fermer les volets ! »

    Par la vitre on peut voir les ombres floues que la nuit étire. Il n’y a pas de lune ce soir et on ne doit pas apercevoir les étoiles avec tous les nuages qui cachent le ciel depuis trois jours !

    La Mère vient de se lever. Elle se dirige d’un pas lourd vers la chambre des garçons. Elle est enceinte du sixième rejeton de leur déjà grande famille. Garçon ou fille qu’importe ! Il faudra bien lui faire une place ! Il y en a si peu. !  Mais la réunion de ce soir, ce n’est sûrement pas pour ça !  Ils ont toujours fait face et accueilli chaque nouvel arrivant dans la joie et la bonne humeur. « Un enfant, c’est un cadeau du ciel ! » Ne cessent de répéter maman et papa.

    « Alors c’est quoi le problème ? » Se répète Arthur.

    La Mère revient. Sur la table, près de la bougie, elle pose la cage recouverte d’un drap blanc où dorment les deux merles qu’ils ont recueillis un mois plus tôt. Deux petits qui n’avaient pu s’envoler du nid, parce que trop faibles.

    C’est Arthur qui les a ramenés. Il a supplié ses parents de lui permettre de les soigner.

    -Ça ne sert à rien a dit Le Père. C’est la Loi de la Nature ! La sélection naturelle ! S’ils ne peuvent s’envoler, ils sont condamnés à mourir. On n’a pas à se mêler de ça !

    -On peut essayer ! Leur donner une chance a insisté le gamin au bord des larmes

    La Mère a regardé  Le Père. Un regard plein de sous-entendus. Mais Arthur  en a bien compris le sens. Il sait ! Parce qu’il les a entendus en discuter un soir,  il sait qu’Édouard, le fragile petit dernier, n’aurait pas dû vivre. Qu’il est né avant terme, tout petiot, tout faible et que seule l’inflexible volonté de maman, son inconditionnel amour pour chacun de ses enfants,  ont permis l’impossible. Édouard a survécu.

    Le père aussi a compris alors, et il a cédé.

    -D’accord Arthur ! Mais si tu réussis à les sauver, tu devras les laisser s’envoler, tu le sais ! Encore une chose : je n’accepte qu’à la condition que ton frère et tes sœurs, t’aident. Il faudra leur donner la becquée, nettoyer leur cage… et les laisser mourir si la nature en décide ainsi !

    Habile de ses mains, l’homme au grand cœur a fabriqué une cage.

    Les enfants ont déployé des trésors de patience et d’amour pour sauver les deux pauvres oiseaux chétifs. Tant et si bien qu’ils s’y sont tous attachés et qu’ils ont oublié la fin prévue de l’histoire.

    Leur patience et leurs efforts réunis  ont fini par porter leurs fruits. Les merles ont grandi et repris des forces. Ils sont prêts pour l’envol !

    -Demain, nous leur rendrons leur liberté ! Comme nous vous donnerons la vôtre quand vous serez capables de voler de vos propres ailes ! Laisse enfin tomber  Le Père.

     

    Ainsi fut fait

    ***

    Prière (2002)

     

    Laisse-moi vivre pleinement

    Laisse-moi planer sous le vent

    Laisse-moi déployer mes ailes

    Que je m’envole vers le ciel !

    Laisse-moi rêver à ma guise

    Laisse-moi faire des bêtises !

    Laisse-moi vivre mes envies

    Laisse-moi libre de ma vie !

    Je veux monter vers les nuages,

    Ouvre ma cage !


    ©A-M Lejeune

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  • Commentaires

    5
    Vendredi 2 Avril à 02:47
    colettedc

    Bravo Anne-Marie pour cette très belle histoire qui se termine si bien !

    Bonne journée

    4
    Jeudi 1er Avril à 19:16

    Très agréable à lire.

    Une grande famille au grand coeur !

    Les oisillons sont tombés dans les bonnes mains ! 

    Merci pour ce joli moment lecture.

    Bonne soirée.

    Christelle

    3
    Jeudi 1er Avril à 09:50

    Merci Ann-Mai de ta participation.

    Une jolie histoire qui s'apparente à un conte..

    J'ai eu l'impression, te lisant, d'être avec la famille de la petite maison dans la prairie.....Charles Ingalls, sa femme et les enfants....

    Un 3 en 1 fabuleux donc !! Merci à toi

    2
    Jeudi 1er Avril à 09:39

    C'est une très belle histoire et j'aime beaucoup ta prière.

    Bises et bon mardi

    1
    Jeudi 1er Avril à 09:04

    Une belle histoire, oui il faut ouvrir la cage aux oiseaux. Il n'y a rien de plus triste qu'un oiseau en cage. Bisous

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