• L'Arbre -Livre 1- Chapitre 3 - L'Arbre

    Comme je l’ai déjà dit, j’aime voyager par l’esprit. Ainsi, je vagabonde au gré des mondes, au gré du temps, sans la moindre fatigue ni aucun autre des désagréments que subissent ceux qui se déplacent réellement.

    Pas de lourds bagages, pas d’horaires à respecter, pas de files d’attente dans les gares ou les aéroports, pas de courses effrénées pour attraper un train ou un avion. Pas de mal des transports ni de décalage horaire. Pas de révisions de véhicule, de bouchons interminables, de pannes impromptues. Pas de risque d’accidents de toutes sortes…

    En revanche et sans conteste, je puis affirmer que je déteste l’automobile, même si c’est ma première expérience en la matière. Et, fort heureusement d’ailleurs, la dernière de toute évidence. Cet engin de malheur, à mes yeux en tout cas, a tous les défauts : ça pue, ça va trop vite, ça secoue et c’est inconfortable. J’ai bien cru que ce supplice n’aurait pas de fin. Mon cœur me faisait mal, j’étais bringuebalé dans tous les sens, tressautant au moindre cahot.

    Je me sentais si malheureux, si misérable, si solitaire que j’en suis presque arrivé à regretter mes frères et ma prison. Pour couronner le tout, quand nous sommes enfin parvenus à destination, j’ai cru mourir de dégoût en découvrant l’endroit où j’allais vivre.

    Dieu que c’est laid ! Où sont donc les jardins auxquels j’aspire ? C’est encore pire que ce que j’ai lu dans sa tête ! Soudain j’ai peur de n’être pas capable de supporter le sort qui m’attend. Grandir en ce funeste lieu, au milieu de ces murs roses…Le pourrai-je ? Encore faudrait-il que je puisse m’y acclimater ! Mais j’y suis contraint hélas ! Le sort en est jeté car tout retour en arrière m’est désormais interdit. Du moins serai-je auprès d’Elle.

    J’ai à peine le temps de me remettre du choc qui vient de m’ébranler qu’ils me déchargent de la voiture abhorrée et me transportent dans un endroit plus horrible encore, nauséabond, sombre, poussiéreux et froid, lequel, d’après les relents infects qui y stagnent, sert de logement à leur odieux véhicule. Ils m’y abandonnent. La tête me tourne, mes pieds endoloris ne me laissent aucun répit. Je me sens malade à crever, fait comme un rat. Ce premier jour de liberté commence bien mal. Je crois entendre les rires moqueurs des autres là-bas :

    « Petite nature va ! Tu la voulais ta liberté, tu l’as, alors cesse tes jérémiades ! »

    En contrepoint de ces lointaines pensées, sa voix me parvient, douce et rassurante au fond de ma noire prison, brisant un peu la solitude de mon provisoire exil. Elle parle de moi à son compagnon. Elle craint, lui dit-elle, de me laisser trop longtemps dans l’obscurité.

    - On va le planter tout de suite ! Décide-t-elle.

    La porte s’ouvre, la lumière entre à flots, m’éblouit mais plus encore que la lumière, c’est Elle qui m’éblouit et me subjugue. Je me perds dans la contemplation de cette enchanteresse. Le seul autre habitant de la maison, en dehors du mari bien sûr, vient me renifler avec circonspection puis, rassuré, se frotte contre le conteneur en plastique noir qui retient encore mes pieds douloureux. Le gros chat, borgne de l’œil gauche, pousse un miaulement plaintif et compatissant, sensible à ma détresse. La tête penchée, les oreilles frémissantes, à l’écoute, il s’assied près de moi et me ronronne des pensées réconfortantes.

    Pendant que nous faisions connaissance, le maître de maison est venu puis reparti, emportant au jardin les sacs de terreau qui vont me nourrir et les outils pour creuser le sol.

    Elle est là, penchée sur moi. Sa main légère lissant mon feuillage, elle murmure :

    - Enfin !

    Est-ce pour elle-même ou pour le chat qui tend la tête, quêtant une caresse ? À moins que ce ne soit pour moi, car elle répète en soupirant :

    - Enfin, ça y est ! Tu dois mourir de soif toi ! Tu en as sûrement assez d’être confiné dans le noir ! Ne t’inquiète- pas petit arbre, tu vas bientôt pouvoir respirer tout à ton aise !

    Une main rude se pose sur son épaule. Elle sursaute ! Elle ne l’a pas entendu revenir.

    - Ça va pas la tête ! Tu parles toute seule maintenant !

    - Mais non ! Je parle à mon arbre.

    - Décidément, tu es folle ! Quand ce n’est pas au chat que tu causes, c’est à tes plantes ! Et maintenant, à un arbre ! C’est le pompon !

    - Je te parle aussi chéri ! Essaie-t-elle de plaisanter.

    - Pas souvent ! Rétorque-t-il acerbe, insensible à sa tentative d’humour.

    - C’est que tu n’es pas souvent là et quand tu y es, tu ne m’écoutes pas, tu as toujours autre chose à faire !

    - Tu ne vas pas recommencer ! J’en ai ma claque de tes sempiternelles récriminations !

    Et voilà ! Il a suffi d’une broutille. La colère est là. Elle s’est levée comme un coup de vent ! Elle en a la nausée. Elle essuie furtivement une larme. Elle ne pleurera pas. Pas cette fois !

    Cela fait à peine deux ans qu’ils sont mariés que déjà, hélas, la joyeuse euphorie des premiers temps de leur union, n’est plus qu’un lointain souvenir. Depuis trois ou quatre mois, elle ne sait plus exactement, les disputes surgissent comme ça, sans crier gare et se font de plus en plus fréquentes. Elle sait pourquoi. Lui aussi. Il la prend dans ses bras, honteux de s’être une fois de plus emporté contre elle.

    - Pardonne-moi chérie ! Tu sais comme je suis !

    - Je sais !

    - Quand je t’aurai fait une flopée de gosses, tu n’auras plus besoin de parler aux choses ni à ton chat.

    Elle ne lui dira pas qu’un arbre n’est pas une chose ni que son chat est parfois plus compréhensif que lui ! Elle ne lui dira pas qu’il est illusoire d’espérer, que les miracles n’existent pas, qu’à cause d’elle rien n’est possible. Il n’accepterait pas et continuerait à faire semblant de croire que les spécialistes sont des ânes comme il dit et qu’ils se trompent sur toutes la ligne !

    Comment ? Sa femme, si merveilleuse, si voluptueuse, aux hanches si pleines, aux seins si ronds, si parfaitement faite pour enfanter en serait incapable ? Non ! La nature n’aurait pas commis une telle bévue, lui refusant du même coup les joies ineffables de la paternité ! C’est inacceptable, impensable, inique !

    Elle devine sans mal le cheminement de ses pensées. Elle ne ranimera pas la querelle qui les oppose régulièrement depuis qu’un médecin lui a annoncé la terrible nouvelle et prononcé le mot fatal et cruel entre tous : stérile ! Elle est stérile. C’est irrévocable.

    Blottie entre ses bras, elle le laisse tenter de consoler l’inconsolable et continuer à croire en l’impossible. Elle est lâche. Ces perpétuels affrontements la minent. Ils sont aussi stériles que l’est son ventre, aussi dangereux que le plus mortel des poisons. Ils enveniment peu à peu leur relation, faisant d’eux des ennemis non déclarés. Elle craint plus que tout qu’il ne se lasse d’elle et ne la quitte pour une femme féconde. Elle lui tait le chagrin qui la ronge à la seule idée que jamais elle ne connaîtra l’infini bonheur de tenir leur enfant au creux de ses bras. Elle n’ose plus parler d’adoption. L’unique fois où elle a évoqué cette possibilité devant lui, il est entré dans une telle rage qu’elle en est restée meurtrie des jours entiers et des nuits sans fin. C’est presque haineux qu’il a décrété :

    - C’est hors de question ! Je ne veux pas d’un bâtard inconnu ! Si un jour j’ai un enfant, c’est parce que je l’aurai fait ! Si ce n’est pas à toi, ce sera à une autre mais il sera de moi, tu entends ! De moi !

    Et il a quitté la maison en claquant violemment la porte derrière lui et sur son espoir d’être mère ne serait-ce que de substitution. Elle l’a attendu, folle d’inquiétude et de chagrin. Il est rentré très tard, ivre mort et bourrelé de remords. Pathétique, il s’est jeté à ses pieds pour implorer son pardon en pleurant des larmes d’ivrogne. Il puait l’alcool et le parfum bon marché. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état !

    Pour l’heure, l’orage est passé ne laissant en elle comme d’habitude que ruine et désolation. Lui a déjà tout oublié. Il me soulève sans ménagement et traverse la maison, le chat sur les talons.

    - Allez ma belle ! Tu viens, on va le planter ton arbre ! Pauvre petit qui s’ennuyait tout seul dans le noir !

    Comme les autres fois, elle lui a pardonné et elle ne s’offusquera pas de ses moqueries. Depuis quelque temps, elle a appris à garder secrètes la plupart de ses émotions. Elle sait que toute réaction excessive ne ferait que raviver cette colère latente qui n’est que trop prompte à surgir à la moindre étincelle. Elle le suit réprimant un soupir qui ressemblerait trop à un sanglot. Sauver les apparences pour sauver un amour à la dérive, voilà tout ce qui lui importe aujourd’hui.

    Planter un arbre lui apparaît soudain comme un acte essentiel, un symbole d’espoir. C’est peut-être le signe qu’elle attend, le message qu’elle seule peut décrypter, l’annonce d’un possible miracle, celui de l’enfant qu’elle verra un jour grandir comme grandira cet arbrisseau au cœur de son jardin. Elle ne sait d’où lui vient cette idée soudaine, telle une étrange prémonition à laquelle elle s’accroche comme à une bouée de sauvetage…

    C’est d’un pas plus alerte, comme libérée du poids de ses tourments, qu’elle se dirige vers le lieu où m’attend ma destinée.

    Lui est en train de creuser le trou qui doit m’accueillir. C’est à coups de pioche violents et rageurs qu’à son tour il se libère de ses propres tourments et de la hargne qui l’habite. Il se dit qu’il est là comme un idiot à planter un arbrisseau chétif, alors qu’il devrait plutôt planter un marmot dans le ventre de sa femme. Il n’a qu’une envie, urgente soudain, celle de tout lâcher et de l’entraîner séance tenante dans leur chambre sur leur grand lit conjugal pour lui faire l’amour jusqu’à ce qu’elle crie grâce ! Il finira bien par la mettre enceinte ! Il se le jure ! Ce n’est que de cette façon qu’il chassera de son regard l’infinie tristesse qu’elle s’évertue à vouloir lui masquer sans jamais y réussir totalement.

    Peut-être qu’alors il parviendra à extirper de son propre cœur cette maudite colère qui y croît comme du chiendent, l’étouffant chaque jour un peu plus. Ce petit qu’il se promet de lui faire, c’est la seule chance de survie de leur couple, il le sait. Il est sûr qu’elle se trompe et qu’ils en auront un. Il leur suffit d’être patients, lui surtout ! Ils sont encore jeunes après tout, ils ont tout le temps !

    Côte à côte dans le petit jardin qui va devenir ma demeure, ils sont pourtant séparés par un mur bien plus haut que celui, hideux et rose, qui bouche leur horizon. Ce qui les sépare c’est ce qu’ils gardent au fond d’eux-mêmes, refusant de le partager avec l’autre.

    Ils vivent ensemble. Ils mangent, dorment, se réveillent ensemble. Ils unissent leurs corps mais se ferment leurs esprits, leurs cœurs et le silence des non-dits creuse entre eux un fossé bien plus profond que le trou qu’ils réservent à mes racines…

    Moi, l’arbrisseau insignifiant et chétif comme il pense, je ressens tout cela avec une si terrible acuité que j’en tremble comme à l’approche d’une violente secousse tellurique. Car c’est bien un séisme d’une ampleur inouïe qui se prépare entre ces deux êtres obstinés. Un séisme qui risque de détruire leur vie. Et la mienne par extension !

    Aujourd’hui, en prenant pied dans leur microcosme, au milieu de leur jardin, je fais du même coup partie intégrante de cette vie qu’ils mettent en péril et qu’à tort ils croient n’être que la leur.

    Tout à la découverte des tourments intérieurs des humains qui m’ont choisi comme exutoire à leurs manques, j’en ai presque oublié le bonheur qui m’échoit. Couché sur le sol, libéré de l’horrible conteneur noir, je hume avec délices les odeurs de mon nouveau royaume : celle de l’herbe fraîchement coupée sur laquelle je repose, celle de la terre mélangée au terreau riche et noir dont il jette quelques pelletées dans le trou qui va bientôt me recevoir…Ces senteurs si naturelles chatouillent plus qu’agréablement toutes mes terminaisons olfactives largement déployées. Puis il verse là-dessus une bonne quantité d’eau fraîche…Humm ! Déjà mes racines s’étirent de plaisir anticipé !

    Et moi, je soupire d’aise. Je respire enfin ! Je vais vivre ! Pousser auprès de celle qui m’a conquis sans le savoir encore et qui est devenue le centre de mon univers en quelques secondes couleur d’éternité. Je me sens plein d’audace. Ma sève gronde pour elle. Je l’aiderai. Je ne sais pas encore comment mais je trouverai le moyen d’être son ami, son confident. Je parviendrai à lui faire  savoir combien elle compte pour moi. Et surtout à quel point elle peut compter sur moi ! Coûte que coûte, un jour viendra où elle comprendra qui je suis et ce qu’elle est pour moi !

    Comme le symbole d’un bonheur encore possible, c’est de leurs mains jointes qu’ils me redressent et me déposent bien d’aplomb dans le trou gorgé d’eau puis qu’ils poussent la terre sur mes pieds, carcan bien plus doux que celui de plastique qui les emprisonnait ! C’est ensemble qu’ils laissent échapper un soupir de soulagement dont ils hésitent à définir la raison. Un soupir qui fait écho au mien, à cela près que moi au moins, j’en connais le pourquoi. Si je suis si heureux aujourd’hui, c’est parce qu’enfin je suis libre !

    Libre ! Curieux paradoxe que celui des créatures végétales qui ne se sentent vraiment libres que lorsque leurs pieds plongés dans le sol les y immobilisent à jamais.

    Seules les plantes d’intérieur, véritables végétaux domestiques sont tenues de par leur nature même, de suivre leurs maîtres. Elles demeurent prisonnières jusqu’à la mort dans des pots minuscules ou au mieux en compagnie de leurs sœurs, dans des jardinières communes que l’on expose dehors ou que l’on accroche aux balcons. À ces misérables recluses, il suffit parfois d’un déménagement pour mourir faute d’avoir pu s’acclimater à leur nouvel environnement. Celles qui survivent n’en sont pas moins malheureuses comme le sont les lions arrachés à leur savane, exilés dans ces camps que les humains appellent des zoos. Notre savane à nous les arbres c’est, où qu’il se trouve, le coin de terre dans lequel nos racines s’enfoncent avant de s’y étaler et d’y galoper follement à l’insu du regard des Hommes. C’est là qu’ils puisent la nourriture qui les fait grandir en surface et les fait s’élancer vers le ciel pour tenter de l’atteindre.

    Non, la terre n’est pas une prison pour moi et ce petit jardin clos, serré entre deux murs et deux haies bordés de fleurs, est pourtant à mes yeux, digne du jardin d’Éden. Pour dire la vérité, ma seule prison désormais, c’est l’amour insensé que je porte à cette divine humaine dont le cœur bat pour un de ses semblables.

    Elle l’aime mais déjà en elle sonne le glas d’un amour qu’elle pressent condamné. Dans son subconscient, les racines de cette certitude inavouable et inavouée se développent aussi sûrement que vont à présent le faire les miennes.

    - Alors chérie, tu es contente ? Lui demande-t-il en admirant son œuvre.

    - Oui mon cœur, murmure-t-elle. Très heureuse ! Ajoute-t-elle, désireuse de donner à cet aveu une conviction qu’elle n’est pas sûre d’éprouver mais dont elle souhaite ardemment le convaincre à défaut d’y croire elle-même.

    - Viens ma belle ! Laissons le pousser ! Il n’a plus besoin de nous maintenant ! Déclare-t-il en l’entraînant à l’intérieur de la maison puis jusqu’à leur chambre.

    Là, à force de caresses et baisers, planté en elle comme il vient de me planter dans le sol, il tente de lui faire oublier pour un instant au moins ses chagrins et ses peurs.

    À travers cette étreinte presque désespérée, il exprime inconsciemment les sentiments totalement contradictoires qu’il éprouve pour elle, faits d’amour et de haine à parts égales. C’est avec ce mélange détonnant de tendresse et de rejet, qu’il la laboure à présent à grands coups de reins. Il ne sait plus si c’est pour la meurtrir ou pour la chérir.

    Qu’importe !

     

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  • Commentaires

    6
    Vendredi 12 Août à 00:01

    Je suis éblouie, vraiment ! tu exprimes tant de choses à travers cette fiction ! Magnifiquement écrit ! Je vais à rebours lire le début !

    Merci infiniment

    Bisous

    5
    Mercredi 10 Août à 20:35
    colettedc

    Bonsoir Anne-Marie, tout à fait superbe, que cette suite. J'ai comme le pressentiment que l'impossible arrivera ! Ce serait tellement merveilleux !!!

    Bonne soirée de ce mercredi.

    Gros bisous

    4
    Mercredi 10 Août à 16:27

    Bonjour Anne-Marie

    Une très belle histoire qui me fait aussi voyager sans bagages. J'aime tout ce que tu invoques dans tes 3 textes et on est curieux de savoir ce qui adviendra à ce petit arbre dans l'avenir !

    Très bonne inspiration et naration

    Gros bisou

    Janedeau

    3
    Mercredi 10 Août à 11:33

    Et si l'arbre n'était que le début d'une famille agrandie !

    Beaucoup de thèmes abordés dans ce texte, la nature, l'amour qui frôle la haine, la stérilité, j'ai adoré !

    Bon mercredi.

    2
    Mercredi 10 Août à 08:16

    Je suis comme toi 

    Je voyage très souvent à travers les écrits 

    Merci à toi pour ce texte 

    *

    Aujourd'hui si tu le veux bien 

    Viens sur ma page 

    J'ai un texte pour toi 

    http://golondrina63auv.eklablog.com

    *

    Bises et bonne journée 

    1
    Mercredi 10 Août à 00:05

    Après le petit arbre souhaitons leur cette maternité tant attendue.... bises jill

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